À l’arrière du bus, tout au fond, avec les gens comme moi. Tous ceux comme moi. Le regard effacé sur le paysage qui défile. Près de la fenêtre mais pas le nez collé non plus. Je ne tiens pas vraiment en place. C’est en partie pour ça que je suis là. Une histoire de place. J’ai une idée un peu différente de leur mode d’attribution. Je devrais être rassuré d’une certaine façon, parce que je sais que je suis sur le bon chemin. L’inconnu ne m’effraie pas vraiment. Je suis curieux plutôt. Curieux de savoir si ce sera mieux, si je serai bien, bien mieux. Peut être que ce sera la même chose. Peu importe où va ce bus en fait. Un idiot a dit un jour que c’était le voyage qui comptait et pas le lieux où l’on se rendait. Ce type n’est jamais partie un week end du 15 août avec le reste des boeufs. Ca devait être à la mode ce genre de dicton dans les trains bondés en partance pour les camps. Moi je roule de nuit dans un bus plein de personnes qui me comprennent. C’est un peu comme les élèves du fond de la classe. Ceux qui dessinent pendant les passages clefs du cours. Ceux qui regardent les milliers de riens qui se passent au dehors. Je dois pas tourner rond. D’ailleurs je suis seul dans ce bus. Mais je suis pas le premier à faire le trajet. Et sûrement pas le dernier.

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