Des Racines et des Chaines

J’ai un problème avec la notion d’héritage culturel. De même qu’avec tout ce qui s’attache à « nos racines » ou aux fiertés associées à l’appartenance à une région ou un pays, le patriotisme et toutes ses valeurs. Chaque fois que j’y pense, je ne peux m’empêcher de penser que ce sont des freins à toute avancée, quelque chose qui interdit l’acceptation de l’autre.
J’en parlais avec un Breton il y a quelque temps, je lui demandais pourquoi il était si fier d’une chose à laquelle il n’avait pas contribué. Pour moi la fierté vient de la réussite ou l’accomplissement d’une chose dont on est responsable. Que ses parents aient décidé de baiser à Brest plutôt qu’à Marseille fait-il de lui un être meilleur ? Est-ce lui qui a sculpté les falaises et inventé le chouchenn(pour faire dans le stéréotype)? non, à partir de quoi cette fierté me semble mal placée. Beaucoup vous vanteront la beauté de leur région, comme si elle suffisait à gommer celle des autres. De même que beaucoup sont fiers d’être Français alors qu’ils n’y sont pour rien. Seraient-ils honteux d’avoir un parent suisse ? J’ai du mal à comprendre. Toutes ces racines nous bloquent, nous associent invariablement à une culture comme si rien d’autre ne pouvait nous coller à la peau.
Vous me direz qu’il est important de savoir d’où l’on vient, son histoire, savoir ce qui nous à forgé pour nous aider à avancer et voir l’avenir. Je n’y crois pas. J’ai du sang anglais, irlandais, noir et même un peu de russe je crois bien, ça ne m’avance à rien. Ma famille vient pour partie de St Briac, est-ce que ça me force à être ému en regardant la mer ? est-ce que ça explique entièrement le mutisme marin qui me caractérise parfois ? J’ai des doutes. Mon héritage ne me dit rien de ce que je suis ou de ce que je serai. Ça me semble être un boulet qu’on traîne par tradition sans savoir exactement pourquoi on continue à le faire. Je ne suis pas contre les particularités ou les différentes culture propres aux lieux, c’est simplement l’attachement et la fierté qui en découle que je ne comprends pas.
Je crois que ce qui me fait peur, c’est d’y voir le même attachement qui pousse les clubs de foot à se taper sur la gueule, la même passion qui mène des religions à s’entre-tuer. Mais mon parallèle est peut-être mal vu.

9 commentaires

  1. Alors,mais là carrément!
    C’est marrant,parce que j’en reparlais hier justement (je ne soulignerai pas que j’ai vu le roman de l’herbe bleue posé dans la section dvd dans laquelle je passais hier alors que je n’ai plus vu ce roman depuis des années,ça ferait beaucoup trop de coïncidences à chaque fois et ce serait louche),j’en reparlais donc en regardant la saison 3 d’In Treatment.
    Il y a ce père indien dont la femme est morte et son fils qui a fait sa vie à New York le ramène chez lui dans sa famille typiquement américaine pour s’occuper de lui et lui proposer une vie « meilleure ».Il est en fait profondément malheureux à cause des clivages culturels et de l’éducation complètement différente dans laquelle
    il a été élevé,crachant sur l’Amérique et ressassant sans cesse le merveilleux de son pays d’origine.
    En parlant avec Kriss,on a vite constaté que le respect des coutumes et de la tradition sont des aspects qui permettent aux gens d’être sans doute moins perdus et une mentalité à laquelle ils devaient absolument se rattacher pour donner un sens à leur vie. Je le constate tous les jours, le besoin de correspondre à ce schéma universel du mariage et des enfants,ou de vanter les règles qui semblent te rendre particulier,unique,et quelqu’un de riche et de différent en se basant souvent sur des critères géographiques aberrants.
    Puisque je n’ai absolument aucune attache et que j’ai choqué tout le monde en affirmant avec certitude que je pourrais aller dans bien des endroits pour y vivre en étant persuadée que la Belgique ne me manquerait pas,je me suis trouvé en contrepartie d’autres règles à suivre pour ne pas péter un plomb au quotidien.
    Puisque les racines n’ont aucune importance à mes yeux (peut-être que mon adoption y joue pour beaucoup),j’ai décide de suivre un code de valeurs,qui s’agrandit au fil du temps, des règles auxquelles il ne faut pas déroger et qui me donnent l’impression d’être unique moi aussi.
    Je crois qu’on s’impose tous des schémas différents pour rester sains d’esprit,mais comme toi celui que tu évoques est celui que je comprends le moins et pour lequel j’ai le moins de respect,pour ne pas en dire d’avantage.
    J’avais beaucoup aimé cette vidéo de Zemmour avec Disiz la Peste qui conversaient à mes yeux très bien sur le sujet et qui avait résumé parfaitement mon opinion en disant :  » Il faut s’arracher du culte des racines et de ses origines pour être libre. C’est une tyrannie,c’est à la fois une chaleur et un enfermement.Et c’est là le délice de notre pays,c’est de pouvoir se déraciner de cette prison communautaire. »
    http://www.dailymotion.com/video/xcgh6g_zemmour-face-a-disiz-la-peste_news
    J’espère que la vidéo ne sera pas malvenue par ici,puisqu’apparemment bien des blogs ont pété une durite sur tout ce qui venait de droite avec les élections françaises récentes…

  2. Honnêtement, mes racines italiennes, belges, vietnamiennes, et françaises n’ont jamais eu un impact sur moi. Je ne suis pas émue quand je parle de l’Italie, et je n’irai probablement jamais au Vietnam, merci bien.
    Je pense que toutes ces idées de culture, de racines, de « sources », sont juste des moyens d’entrer dans un moule, d’avoir un chemin à suivre, de s’accrocher à quelque chose qui tient bon depuis des années. Brassens disait, « ces imbéciles heureux qui sont nés quelque part ». C’est exactement ça.
    Après, on peut avoir une ‘fierté’ (je pense justement aux Bretons), dans le sens où ce qui représente une région nous parle et nous plait, mais de là à brandir drapeaux et insultes envers ceux qui ne pensent pas la même chose, non, il ne faut pas pousser non plus.

  3. Je vais prendre le parti opposé, puisque tu le sais bien, je suis attachée à mes origines.
    J’ai quitté l’Alsace il y a plus de deux ans, et pour être honnête je ne suis pas de ceux qui crient au mal-être d’être arrachés à leur patrie. Ça me fait du bien d’y retourner, mais je vis très bien à Lille, et à vrai dire peu m’importe où je continuerai ma vie.
    Mais il me reste de mes racines quelques particularités dont je ne saurais me détacher. Ne seraient-ce que le vin blanc, les quelques mots alsaciens que j’utilise encore, l’histoire qui a marquée ma famille, …
    Je me sens enrichie d’avoir été ainsi élevée dans une double culture. Je regarde la télé allemande chez mes parents, je parle alsacien chez mes grands-parents, ça sera toujours une partie de moi, car tout ceci me lie à ma famille.
    Je sais ainsi ce que c’est d’avoir quelques particularités régionales, surtout quand elles sont si fortes (je parlais plus alsacien que français avant d’être à l’école). Pour ma part en tout cas, toutes ces caractéristiques ont pris part dans la construction de ma personne (les récits de guerre de mon grand-père, les repas alsaciens traditionnels en famille, Noël à Strasbourg, …) et sont liées à des souvenirs liés à mon identité.
    Mais je suis sûre que j’y accorde de l’importance parce que je viens d’une région où les traditions sont encore très fortes et présentes, et que je suis issue d’une famille qui les suit. Cela m’importerait peu si je venais d’une région française plus « neutre » ou si j’avais des origines plus diversifiées, sans des coutumes qui auraient marqué mon enfance.
    Je peux comprendre qu’on ne se sente pas lié à des origines qui sont lointaines ou trop diverses. Mais dans mon cas, je ne vois pas où est le mal de me sentir alsacienne.

  4. Je suis Bretonne et je ne supporte pas le Stade Rennais (d’ailleurs je ne suis jamais allée à un match de foot) ; je pense que les Hooligans qui se tapent dessus dans les stades ne sont pas toujours originaires de la ville où est l’équipe qu’ils défendent. C’est juste de la connerie, pas du patriotisme…
    Je suis fière d’être Bretonne, quand j’étais à Lille ma région me manquait un peu, mais pour autant je me sens française comme n’importe quel auvergnat, poitevin ou que sais-je. C’est davantage un « attachement », comme le ressentent des Nordistes que j’ai connu là-bas. J’ai connu un seul indépendantiste, quand j’étais à la fac… un mec inintéressant au possible.
    Les plus patriotes en France me semblent être les Corses, ils se sentent à part (et oserais-je dire, pour certains, au-dessus des autres -damnède j’espère qu’il n’y a pas de Corse qui lira mon commentaire-). Je pense qu’ils revendiquent surtout leur statut d’iliens et les paysages à part de leur région… à tort ou à raison.
    Enfin, je crois que c’est important de savoir d’où on vient, parce que ça fait partie de notre construction personnelle, sans toutefois centrer toute sa vie là-dessus…

  5. Hum c’est bizarre parce que je ne suis jamais posée la question sous cet angle. J’ai des origines italiennes, je ne les revendique pas tous les matins mais je suis contente d’avoir des origines italiennes et de la famille là-bas. De même que j’adore la ville où je suis née et la région où j’habite mais jamais je n’ai pensé en terme patriotique. J’aime tout simplement. Dans certaines circonstances, je le reconnais, j’aime bien dire que je suis du Sud. Histoire d’en emmerder quelque uns ^^ Par contre, jamais je n’insulterais quelqu’un par rapport à ça.

  6. Non mais hé ho qu’est-ce que tu crois,je suis allée écouter immédiatement tout ce que j’ai trouvé sur Youtube. Quand je pense que je me plains de la seconde langue de mon pays qui est un vrai calvaire à mes yeux,je prends un fameux pas de recul quand j’entends la tienne!
    Chapeau bas!

  7. Aleks-> Ta vidéo n’est pas malvenue du tout. J’aime beaucoup Zemmour parce qu’il tape où ça fait mal. Je ne suis pas toujours d’accord avec lui, ceci dit. Du reste à part les contenus qui pourraient valoir la fermeture de cet endroit tous les avis ont le droit de citer ici.
    Hel-> Nos origines peuvent nous aiguiller peut-être au début mais j’ai le sentiment qu’il faut rapidement passer outre. Le prendre comme une donnée et passer à autre chose. Venant d’un anarchiste cette citation ne me surprend pas Eliness-> Je me doutais que ça te ferai réagir même si je ne te visais pas. Comme tu le dis, tu as un environnement très marqué de ton côté, l’Alsace est une région à part je trouve, tu n’as pas eu d’autre choix que baigner dedans. Il est certainement plus facile de s’en absoudre quand on est un peu plus «  » »libre » » ».
    Dawngirl-> Si un corse me demande ton adresse je serai obligé de lui donner tu comprends bien que je ne peux pas risquer ma vie pour tes commentaires irrespectueux envers ces gens très bien qui vivent sur une île magnifique qui leur appartient de droit. Sans rancune Zofia-> En quoi ça emmerde les gens que tu soies du sud ?
    En tout cas merci à toutEs d’avoir donné votre point de vue la-dessus.
    (Ne suis-je lu que par des femmes ?)

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